Bébé secoué.

 

Pourquoi est-ce si dangereux de secouer un bébé ?

Le syndrome du bébé secoué correspond à un traumatisme du cerveau dont l’origine n’est pas accidentelle.
Il s’agit d’une forme de maltraitance qui touche surtout le nourrisson âgé de 4 à 6 mois et en général de moins de 12 mois.
C’est le secouement seul ou associé à un impact qui provoque le traumatisme crânien.
Les particularités anatomiques du cerveau du nourrisson expliquent cette fragilité particulière à des secousses infligées à la tête de l’enfant. En effet, le cerveau du nourrisson est fragile pour plusieurs raisons : sa consistance est plus molle, car il est plus riche en eau ; il ne remplit pas la totalité de l’espace de la boite crânienne à l’intérieur de laquelle il « flotte » un peu ; enfin, la tête de l’enfant est volumineuse par rapport au reste du corps de l’enfant et les muscle du cou sont encore trop faibles pour la soutenir dans les déplacements que l’enfant subit. Cette fragilité peut être comparée à celle d’un œuf frais placé dans une boîte un peu trop grande par rapport à sa taille ; il ne résistera pas à un déplacement brutal !

 

Que se passe-t-il lors d’un secouement ?

Le bébé est tenu par le thorax face à l’adulte. Il est secoué dans un mouvement de va-et-vient. Sa tête effectue des oscillations d’avant en arrière. Quelquefois, la tête peut heurter une surface dure (table à langer par exemple). Ce choc peut alors être responsable d’une fracture du crâne.
Voilà pourquoi, dans les cas les plus graves, le secouement engendre des lésions affectant trois systèmes : le cerveau, les yeux et les os. Plus les secousses sont fortes, plus elles vont entraîner de rupture des vaisseaux sanguins situés à la surface du cerveau.
Ces hémorragies entrainent une compression cérébrale, une moins bonne oxygénation qui aggrave les lésions initiales. C’est un cercle vicieux qui peut aboutir à des dégâts cérébraux considérables et irréversibles.

-          Les conséquences immédiates
En quelques heures bébé devient très pâle. Il est inconscient ou très somnolent ; vous avez du mal à le réveiller. Un moins bon contact et une diminution de ses compétences.
Il est globalement mou comme « une poupée de chiffon », sa respiration est rapide, superficielle, difficile. Il ne veut pas boire ou vomit. De grandes secousses des membres ou du corps entier s’observent fréquemment dans 3 sur 4 ; ce sont des convulsions. Elles sont souvent très sévères et prolongées, qu’il s’agit alors d’un véritable état convulsif dans 1 cas sur 2.

Toutefois, selon l’intensité de l’hémorragie leur expression est différente. Dans les cas les plus graves, l’enfant est retrouvé mort ou en présente un état d’emblée alarmant : troubles de la conscience allant jusqu’au coma… .
N’hésitez pas à faire le 15 en expliquant brièvement la situation, et couchez le sur le côté en le surveillant jusqu’à l’arrivée de l’équipe de secours.

Ce tableau dramatique est secondaire aux lésions du cerveau et aux saignements intracrâniens. L’(es) hématome(s) une fois confirmé(s) sera (seront) rapidement évacué(s), mais on ne peut rien faire sur les lésions du cerveau lui-même. Des hémorragies rétiniennes sont observées au fond d’œil dans 70% des cas.

 

-          Séquelles à court et moyen terme
25% ont une évolution dramatique : paralysie d’un hémicorps, épilepsie rebelle, retard mental majeur, cécité (8%).

50% ont une mauvaise évolution : retard psychomoteur, paralysie d’un membre, déficits visuels, épilepsie contrôlée par un médicament, atteintes neuro-psycho-intellectuelles. Dans nombre de cas, on constate au scanner, entre 4 et 6 mois après le secouage, une atrophie du cerveau plus ou moins importante.

-          Séquelles à long terme
Après six ans de recul, un tiers des enfants a une épilepsie.

92% présentent un retard mental et des troubles scolaires.

83% de ceux, qui semblaient évoluer favorablement la première année, ont un quotient intellectuel inférieur à 80.
50% ont des troubles psychiatriques, des traits autistiques, un comportement anxieux ou hyper agitation.

 

Qu’est ce qui peut conduire à secouer un nourrisson ?

Il s’agit toujours de circonstances particulières aboutissant à une perte de contrôle de l’adulte en charge de l’enfant. Dans un contexte de tension, de fatigue, les manifestations du bébé, essentiellement les pleurs, mais parfois le refus alimentaire, peuvent ne plus être supportés. Le secouement brutal a alors pour but de le faire taire ou céder à la volonté de l’adulte.

Il peut s’agir aussi d’affolement face à un malaise du nourrisson ; il faut rappeler que secouer un enfant n’est jamais une manœuvre de réanimation. Bien au contraire, un tel geste ne peut qu’aggraver l’état de l’enfant en créant une pathologie cérébrale supplémentaire qui peut lui être fatale.

Nous savons que la cohabitation avec un bébé ne suscite pas que des mouvements d’empathie à son égard et qu’il existe des moments difficiles lorsqu’on se sent impuissant face aux pleurs d’un bébé. Et qu’en dépit des années d’expérience, dans un contexte de fatigue, d’énervement, de soucis personnels, la violence peut surgir sous forme d’un geste impulsif qui déborde l’adulte incapable alors de garder le contrôle de lui-même.

Il est sans doute essentiel aussi de prendre le temps de réfléchir « à froid » aux gestes à faire et surtout à ne pas faire en cas de malaise d’un enfant.

 

Comment rester protecteur ?

Les campagnes d’information le répètent : lorsqu’un bébé, câliné, changé, nourri, bercé… ne parvient pas à trouver l’apaisement, il vaut mieux le reposer tranquillement dans son lit, sortir de la pièce pour retrouver un peu de sérénité. Faire une pause, puis chercher de l’aide auprès d’une voisine, d’une collègue, d’un professionnel du Ram ou de la PMI qui pourra apporter un soutien apaisant.

Ces campagnes d’information sont nécessaires et doivent être diffusées aussi largement que possible auprès des parents et des professionnels.

Mais l’information ne suffit pas, il faut aussi pouvoir partager avec d’autres les émotions, le désarroi que les bébés peuvent faire vivre.
Le bébé confié arrive un peu comme un intrus au sein d’une maison d’une famille. Il faut du temps pour faire connaissance, se faire confiance et s’apprécier mutuellement.

 

Y a-t-il d’autres gestes à ne pas faire ?

-          Si un nourrisson fait un malaise (pâleur ou peau bleutée, marbrée, perte de connaissance, corps tout mou…), ne le secouez pas pour qu’il reprenne ses couleurs ou sa respiration. Faites le 15 et mettez le nourrisson sur le côté en attendant les secours.
Vos secousses risquent de faire plus de mal, et de dégâts pour le bébé, que le malaise lui-même.

-          Ne jetez pas le nourrisson en l’air pour le faire rire aux éclats ; cela augmente brutalement la pression dans le crâne et si l’enfant a une anomalie du cerveau méconnue, on peut provoquer des lésions, notamment vasculaires.

-          On ne fait pas non plus le « manège ou l’avion » en tournant rapidement sur soi même, l’enfant maintenu par les bras ou les pieds ? Ce n’est pas un jeu, c’est aussi dangereux.

Toutes ces consignes et ces explications simples et compréhensibles par tous ont été rappelées dans des dépliants, des brochures, sur des affiches, qui ont été largement diffusés dans les endroits où se présentent de futurs parents et les jeunes parents (consultation de PMI, d’obstétrique, cabinets médicaux, services de néonatalogie et de pédiatrie, centre de SS, des CAF…).

 

Source : assistantes maternelles magazine

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