Priorités éducatives

Priorités éducatives, mieux vaut prévenir...

Selon toutes les études réalisées auprès de jeunes
adolescents, cette période est plus ou moins compliquée, paradoxale, parfois
fragile, ambivalente mais, en soi, pleine d’espoirs, de projets, de vitalité,
d’euphorie de maîtriser enfin une réelle part d’autonomie pour une majorité
d’entre eux.

Lorsqu’il croise la route de ces ados qui sont en
difficulté, il lui est très facile de voir la corrélation entre les problèmes
liés à leur comportement et les acquisitions dites « de la petite
enfance » qui, dans des cas, ne sont pas encore correctement faites.

Ce qui, par définition, nous ramène aux priorités éducatives
que parents et professionnels de l’enfance doivent avoir présentés, dès le plus
jeune âge des enfants.

Les manques fondamentaux.

Il y a six types de manque, six apprentissages fondamentaux
qui n’ont pas été effectués dans de bonnes conditions.

Ce sont :
- L’incapacité d’accepter une quelconque frustration.
- La difficulté de gérer le temps libre.
- L’enfant zapping.
- L’enfermement dans un monde virtuel.
- La peur d’être seul face à soi-même.
- L’impossibilité de s’investir dans un projet.

Bien sûr, ces différents champs éducatifs sont encore très
constructibles au cours de l’adolescence, mais pourquoi attendre, pourquoi ne
pas appliquer, le plus tôt possible, cette célèbre
maxime : « mieux vaut prévenir que guérir » ?

Ainsi, chacun d’eux nous renvoie facilement à des situations de jeux très
quotidiennes au cours de la petite enfance.

L’incapacité d’accepter une quelconque frustration.

Savoir dire ‘Non’ à un enfant sans pour autant avoir peur
qu’il ne vous aime pas.
S’autoriser à le sanctionner lorsque son comportement ne nous paraît pas
admissible.
L’amener à accepter de partager ses jouets avec d’autres loupiots.
De rester assis à table jusqu’à la fin du fin du repas et d’attendre que les
autres soient servis pour commencer à manger.
Lui apprendre, là aussi à travers le jeu, à gagner mais aussi à perdre (en
comprenant bien qu’il n’est pas grave de perdre), etc.

Comme on le voit, la liste des apprentissages permettant l’acceptabilité de
cette frustration est non seulement longue mais interminable et, loin de toute
théorie, s’appuie sur une foule de petite scènes de la vie quotidienne, très
diverses mais, qui toutes, peuvent se résumer autour d’une idée commune :
mettre l’enfant à sa juste place (il arrive de voir des bébés « chef de
famille » !).

La difficulté de gérer le temps libre.

De plus en plus de parents ont peur que leur enfant
« prenne du retard » sur les autres, ne soit pas assez actif, voire
assez compétitif.

Ce sont eux, par exemple qui, en arrivant chez l’assistante maternelle
demandent : « qu’est-ce qu’il a fait aujourd’hui ? »
(le verbe « faire » pouvant ici être assez facilement assimilé à
« production » : l’activité, le « beau dessin » de
préférence « en avance sur son âge »). 

D’où le piège de l’activisme, tendu à la fois aux parents et aux
professionnels… mais surtout à l’enfant qui, très vite et dès son plus jeune
âge peut se retrouver, du matin au soir sur-abreuvé de jeux dits
« éducatifs » en n’ayant pas le temps de souffler.

D’où l’incapacité croissante chez les enfants de savoir gérer la moindre plage
de temps libre : « je ne sais pas quoi faire », « je
m’ennuie ».

Pourtant, chacun d’entre nous sait très bien que la clé de cet apprentissage
(si indispensable) est : laisser un enfant s’ennuyer et trouver par
lui-même les moyens de s’en sortir.

Il en va de soi que si ce loupiot s’ennuie à plein temps, cela ne va pas sans
poser un problème, mais, à l’inverse, la réciproque est tout aussi vraie.

L’enfant zapping.

En permanence, le tout petit passe d’une activité à une
autre. On peut donc dire qu’il est, par définition, « zapping ».

Mais au même titre que les autres apprentissages évoqués, celui de la capacité
de concentration est capital. Aider, inciter un jeune loupiot à rester le plus
longtemps possible face à une activité unique (puzzle, coloriage ou autres) est
une façon fabuleuse de lui permettre, plus tard, d’augmenter ses performances
scolaires.

L’enfermement dans un monde virtuel.

Ce monde virtuel est propre à la petite enfance (ce qui
permet à la petite souris de venir chercher la dent, au Père Noël de préparer
sa hotte…).

Cependant, tout en respectant ce besoin, il convient progressivement mais sans
trop perdre de temps, de faire comprendre au loupiot que le monde qui l’entoure
est aussi bien réel.

Curieusement, cet apprentissage passe par d’innombrables situations, extrêmement
éloignées les unes des autres, qui, chacune a pourtant du sens.

Deux exemples, parmi des milliers d’autres :

- Expliquer à un tout petit que ses parents le confient à une assistante
maternelle parce qu’ils partent travailler et qu’ils vont venir le rechercher
le soir lui permet, sans trop que l’on sans rende compte, d’intégrer l’idée du
travail et celle du temps qui passe au rythme de la journée.

- Faire les courses avec un enfant, allant au marché, et lui montrer sur
l’étalage du poissonnier que les poissons sont des animaux qui ont vécu dans la
mer ou dans l’eau douce lui permet, outre le fait de comprendre que ces bêtes
ne sont pas forcément carrée (et vivent dans le frigo du supermarché) mais plus
fondamentalement encore, d’acquérir la notion de vivant.

En pensant aux adolescents qui, face à leurs écrans, sont de plus en plus
enfermés dans un monde virtuel, on comprend aisément l’impérieuse nécessité
d’accéder à l’idée du réel le plus tôt possible !

La peur d’être seul face à soi-même.

Problème croissant de société, notamment chez les
jeunes : la peur de la solitude.

D’où la encore, le besoin chez bon nombre d’entre eux, grâce à Facebook ou aux
nombreux réseaux sociaux, de multiplier les amis virtuels, quitte à commencer à
déprimer au bout d’une heure ou deux s’ils n’ont pas reçu de MSN ou autres
messages.

Pour lutter contre ce type de dépendance, dès la petite enfance, il convient de
permettre à un loupiot à la fois de jouer avec les autres mais aussi de jouer
seul.

Certains doivent être encouragés par l’adulte pour aller dans cette voie,
d’autres, plus introvertis, auront spontanément plus envie et de talent pour ce
type d’apprentissage mais, dans ce cas, attention aux jugements hâtifs.

L’impossibilité de s’investir dans un projet.

Chacun de nous fonctionne de la même façon : nous
produisons une action qui est censée nous rapporter un plaisir.

Or, chez le tout-petit, le plaisir doit arriver tout de suite. Attendre lui
étant impossible, (il se roule par terre pour obtenir illico ce qu’il désire).

Ainsi, permettre à un enfant de s’investir dans un projet, passe, d’emblée, par
des apprentissages à la fois simples et concrets :
- Préparer une sortie qui aura lieu la semaine prochaine.
- Réaliser des masques pour un futur carnaval.
- Faire ensemble, avec les enfants, une tarte aux pommes qui, avant d’être
mangée, va devoir cuire, puis refroidir…

Une chose est sûre : permettre à un jeune d’attendre de
s’investir de façon ludique, dans un projet c’est, sans qu’on ne s’en rende
trop compte sur le moment, augmenter ses chances de réussite au niveau scolaire
par le simple fait d’avoir compris que ce qu’il fait maintenant (travailler en
classe) aboutira plus tard à un résultat !!

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