Mentir

Créativité et mensonge.

Dur métier que celui d’enfant, dans lequel il va falloir intégrer et mettre en pratique simultanément de facultés non seulement différentes mais totalement contradictoires. La plus criante est sans doute celle qui suppose, dans l’esprit de chaque enfant, une cohabitation convenable entre le rêve et la réalité.

La réalité, que l’on peut aussi appeler la logique :
- Apprend et oblige à respecter les règles (règle du jeu, règle réagissant à la vie de groupe…)
- Maîtriser son comportement (rester assis, ne pas couper la parole aux autres… et surtout à dire la vérité car comme chacun sait, mentir est un vilain défaut).

Mais à l’opposé de cette réalité, il y a aussi à construireen même temps le monde du

Rêve, de l’imaginaire, c'est-à-dire celui qui va permettre à chaque enfant (et plus tard à chaque adulte) d’inventer des histoires, des réponses nouvelles,… ce qui, par exemple, lui permettra, dans de nombreuses années de changer plusieurs fois de métier, de créer de nouvelles entreprises, etc.…

Cette part du rêve que, contrairement à la logique, on peut nommer « créativité », s’appuie, elle, en bonne partie sur ce qui est appelé « le mensonge ».

Pour faire progresser son cerveau dans ce domaine, notre loupiot va être obligé (… et parfois, il faut le reconnaitre, avec un talent
fou !) d’inventer de toutes pièces des histoires qui n’ont existé qu’au sein de son esprit mais qui, parfois, paraissent pourtant très crédibles.

Le pire, c’est que cet exercice, qui dure de longues années, commence très tôt. Peu après l’apparition substantielle du langage, l’enfant
exprime son imaginaire par des mots, voire quelquefois par des affirmations qui peuvent soit surprendre les adultes, soit, s’ils les prennent au premier degré, déclencher de leur part des réactions plutôt disproportionnées.

Des talents variables.

Dans ce registre comme dans tous les autres, les talents sont extrêmement variables : il existe des « tout-petits » que
l’on peut désigner comme « logiques » qui, du fait de leur structures mentale, aiment bien les choses et les situations  « très carrées,
très ordonnées » et qui, pour cette raison, seront très peu tentés par le mensonge… alors que d’autres, plus « littéraires », excelleront dans cet art, dès leur plus jeune âge et peut-être jusqu’à la fin de leurs jours.

Ce sont ceux-ci, par exemple, qui durant l’adolescence, se persuaderont qu’ils ont été adoptés, que des parents aussi nuls que les leurs ne peuvent pas avoir mis au monde des individus aussi beaux qu’eux !

Il va de soi que cet exercice de l’imaginaire est très important et qu’il  pourrait s’avérer dangereux de la part de l’adulte, de vouloir à tout prix le neutraliser, en traitant en permanence de « menteur » l’enfant qui serait un peu trop porté sur la chose.

Les précautions à prendre.

Pourtant, dans ce domaine, d’infinies précautions sont à prendre. Citons en trois cas parmi d’autres.

-Si un enfant est accusé à tort d’une bêtise qu’il n’a pas commise et, de ce fait, se retrouve puni de manière injuste.

On comprend, alors, la profonde révolte montant en lui si, bien que clamant son innocence, il n’est pas cru par les adultes et que ses propos, ses arguments ne sont pas pris en compte.

Qu’y a-t-il de pire, dans l’esprit d’un enfant que de se sentir victime d’une injustice et que alors qu’il sait avoir raison, de se heurter à un mur d’incompréhension.

-Si un enfant, exerçant en permanence ses talents dans le domaine du mensonge, va jusqu’à formuler à l’égard d’autres des accusations purement imaginaires qui peuvent, parfois devenir très lourdes de conséquences. Accuser un adulte d’attouchements, prétendre qu’à la maison son papa pour le punir l’enferme dans le placard… ou bien d’autres allégations du même tonneau qui bien qu’inventées peuvent très vite devenir dévastatrices.

Dans ce cas il revient aux adultes quand ils sont sur de la véritable version, d’en parler très rapidement avec l’enfant accusateur pour lui faire prendre conscience de la portée et de la gravité de ses actes, de manière à le responsabiliser, à l’avenir et lui permettre de réfléchir à deux fois avant d’affirmer telle ou telle chose, tel ou tel scénario qui aurait germé dans son esprit… parfois uniquement pour échapper lui-même à une éventuelle sanction.

- A l’extrême, bien que ces mensonges doivent le plus souvent être considérés avec humour, on ne peut pas exclure le cas de certains enfants qui souffrant de difficultés relationnelles ou psychologiques peuvent être amenés à s’enfermer en permanence dans un monde virtuel et imaginaire, c'est-à-dire à tenir constamment, du matin au soir, des propos mensongers qui s’ils sont dits par lui avec force conviction, peuvent générer des troubles profonds chez ceux avec il partage sa vie.

Là, les chose sont plus sérieuses encore, et si l’on est confronté à une pareille situations, le bon sens doit conduire les parents à consulter un psychologue dans les plus brefs délais, ne serait-ce que pour permettre à cet enfant de renouer avec la réalité et de vivre en bonne harmonie avec ses entourages.

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