Le mauvais joueur

Dans cette famille il y a deux enfants.

Une grande fille de 5 ans qui a toutes les qualités (elle a été propre dès
l'âge de 2ans, sait déjà lire, est très sage,...) et un petit frère de 3 ans qui,
lui, aux yeux de ses parents est tout le contraire.

D'ailleurs, histoire de le stimuler, de le faire progresser, ces derniers
passent leur temps à le comparer à son ainée : « Ce n'est pas ta sœur
qui ferait des bêtises pareilles ! Elle au moins, elle fait des
progrès... »

Résultat des courses : d'une part le gamin peut, très vite, développer des
complexes d'infériorité, perdant toute confiance en lui mais, pour la sœur, la
situation n'est pas forcément plus réjouissante car, à force de ne sentir aimée
que lorsqu'elle est la meilleure, elle risque d'appréhender en permanence le
moindre échec. En un mot, elle est condamnée à la réussite.

Pourtant apprendre à accepter de perdre, à essayer de
nouveau tel ou tel exercice pour finir par gagner après des efforts plus ou
moins répétés et intenses est indispensable au bon développement de chaque
enfant.

Cela semble une évidence mais, par définition, n'est pas gagné d'avance.

Être celui qui gagne

En effet, dès sa plus tendre enfance et pendant de longue
années (voire jusqu'à la fin de leur vie), Chaque enfant est programmé pour le
refuser de perdre, pour vivre le moindre échec comme une source de frustration
insupportable.

Il adore jouer avec les autres mais, quitte à tricher, avec une seule issue
possible à la clé : être celui qui gagne.

A la lumière de cela, on voit plus encore à quel point les
jeux vont être importants, notamment ceux dans lesquels il faut accepter de
partager, de faire partie d'une équipe, de respecter des règles... mais aussi de
pouvoir, parfois, reconnaître la supériorité de « l'adversaire » et
de ne pas vivre son éventuelle victoire comme une source d'humiliation
personnelle.

Être un bon joueur, cela s'apprend et, pour certain enfant habitués à tout
posséder, à être entourés d'adultes qui, par peur de ne pas être aimés,
succombent à leur moindre caprice, cette acquisition est plutôt difficile à
intégrer.

Le mauvais joueur

Les mauvais joueurs n'ont rien de rare. Leur comportement
est parfois difficile à vivre. En principe, ce sont des personnes qui adorent
jouer... à condition de gagner.

Imaginons une seconde que ce « mauvais joueur »
soit votre conjoint. Vous recevez des amis, vous faites une partie de cartes.

Il l'emporte, deuxième partie : re-succès pour lui. Il irradie de
bonheur ! Veut recommencer. Mais, à la fin de la troisième partie, il perd.

A ce moment la bien qu'étant adulte, c'est le petit gamin, n'ayant jamais
accepté l'échec, qui remonte en lui et ceci peut provoquer deux réactions.

- La première : affective et brutale : se lève de table, jette les
cartes et dis : « je ne joue plus ».

-La deuxième : redéfinit les règles, qui de toute
évidence, prouvent qu'une fois de plus c'est lui qui a remporté à la sortie,
son amour propre est sauf.

Il ne reste plus qu'à espérer qu'avec humour les
autres joueurs vont accepter les modifications et surtout qu'il est le seul
« mauvais joueur » autour de la table, car dans le cas contraire,
s'ils sont deux ou trois à refuser le moindre échec... vous avez intérêt à
protéger la vaisselle !!

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