Fratrie

Fratrie
La place détermine-t-elle la personnalité ?

Interview de Marc Sznajder pédiatre à Paris. Praticien, attaché à l’hôpital Ambroise-Paré de Boulogne, il est membre de la Société française de pédiatrie. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés au développement de l’enfant.

Etre le premier enfant ou non dans une famille induit forcément des différences évidentes.

La première est le regarde que les parents portent sur l’enfant : un aîné n’arrive pas dans les même conditions que le cadet, ou le benjamin.
Le premier enfant fonde la maternité. Les parents n’ont pas de référence directe, ils vont la chercher dans leur entourage, avec beaucoup d’inquiétudes. Ils essaient d’être parfaits et sont souvent angoissés. Avec l’arrivée d’autres enfants, ils se détendent, ils se forgent une expérience.

La deuxième raison est la rivalité fraternelle. Les enfants qui naissent après l’aîné vont devoir se faire une place pour occuper l’espace familial.

Les aînés sont plus perfectionnistes, organisés et conformistes que les autres. Ils sont « gardiens des lois » et ont le poids des responsabilités.

Voltaire disait de son frère aîné qu’il s’était donné le but extravagant d’être parfait.

Les cadets eux, se construisent en opposition. Ils vont se rebeller pour exister. Ce sont souvent des personnes plus créatives, plus extraverties.

Et les benjamins sont généralement bien dans leur peau, car ils n’ont pas subi le poids de l’inquiétude parentale. Ce sont ceux qui ont la meilleure estime d’eux-mêmes et qui se réalisent le mieux sur le plan personnel, alors que les aînés, statistiquement, se réalisent mieux dans leur vie professionnelle.

Il existe toujours des exceptions, mais dans la grande majorité des cas, j’observe ces similitudes entre enfants du même rang de naissance.
Je ne souhaite pas enfermer les enfants dans des cases, mais en tant que pédiatre j’ai rencontré des nombreux parents qui, depuis 25 ans, ont pu me confirmer ces traits de personnalité. Je leur ai fait remplir un questionnaire lors des consultations, et les résultats sont frappants.

Comment les parents peuvent ils gérer les rivalités ?
A la naissance du cadet, l’aîné peut devenir dur avec ses parents. Il va avoir tendance à s’agiter.
Le rôle du parent est très important à ce moment là. Il faut le préparer à l’arrivée du second enfant.
Il faut mettre en valeur les aspects positifs de l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur. Il faut lui apprendre à partager. Il à besoin d’être rassuré. Le cadet lui à besoin d’être protégé, surtout s’il est amené à prendre la place du milieu.

Les parents

Ils aiment autant chacun de leurs enfants, mais si retrouvent dans celui qui est du même rang de naissance qu’eux.
Ils vont être plus attentifs à lui, et mieux comprendre son comportement.

 

A lire Les aînés et les cadets Marc Sznajder, Odile Jacob

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